Classes 4

Samedi 28 septembre, se déroulera la fête des classes 4.

Au Programme :

  • 11h30, dépôt de gerbe au monument aux morts, place de la Mairie
  • 12h, photo à l’Encrier,
  • 12h30, repas à la salle Pré Vert,
  • 20h, galettes saucisses et soirée dansante.

Tarif : adulte 39€ et moins de 12 ans 16€.

Inscription avant le 15 septembre au bar Au Boulot.

Contacts : Marie-Thérèse Breton au 07 85 42 64 00 et Marion Legoff au 06 77 36 96 80.

Le jour où la guerre a inventé la fête des classes

La fête des classes est aujourd’hui attendue et célébrée tous les ans, même dans les plus petits villages. Elle regroupe chaque année les habitants qui démarrent une nouvelle dizaine.

D’où vient cette tradition qui consiste à festoyer une fois par an avec les gens qui ont le même âge et qui surtout, change de dizaine ? Pourquoi les membres de la même génération se nomment les conscrits ?

« Conscrit un jour, conscrit toujours »

L’origine de ces festivités de village propres à notre territoire nous vient des obligations de nos anciens à servir sous les drapeaux. En 1798, la loi Jourdan-Debrel a imposé la conscription, qui enrôlait et intégrait de force tous les jeunes de 20 à 25 ans pour le service militaire obligatoire. Son principe était simple : tout Français est soldat et se doit à la défense de sa patrie. La révolution avait ceci d’égalitaire, c’est qu’elle a aboli tous les privilèges, même celui des nobles de mourir à la guerre. On était à la veille des guerres napoléoniennes et il allait falloir des soldats en nombre pour satisfaire aux rêves de grandeur de l’Aigle. Cette jeunesse mobilisée par conscription, ce sont les « conscrits ».

Un tirage au sort pour… la guerre

Malgré les guerres impériales, les jeunes étaient trop nombreux pour partir à l’armée. Alors, en 1804, le conseil de révision a institué un tirage au sort ainsi que divers moyens d’envoyer quelqu’un à sa place, ce qui était fort pratique quand on n’était pas partisan de l’idée de mourir à la guerre.

Un siècle plus tard, en 1905, le tirage au sort a été supprimé. Le XX e  siècle et son industrialisation galopante ont poussé les grandes puissances à s’affronter. Des bruits de bottes se sont fait entendre dans toute l’Europe et la France voulait être prête à affronter la déflagration, qu’elle savait inévitable, contre l’empire allemand. La nation avait besoin de tous ses conscrits ! Le service militaire est devenu obligatoire pour tout le monde et pour une durée de deux ans.

Les « conscrits » avaient tous le même âge, ils étaient donc de la même classe militaire. Sous le Second Empire, deux jeunes gens de Villefranche-sur-Saône qui s’en allaient tirer au sort, se présentèrent devant les autorités militaires en habit noir et gibus (des chapeaux hauts-de-forme), pour solenniser l’événement ou pour le brocarder. L’année suivante, tous les garçons de 20 ans qui devaient accomplir cette formalité adoptèrent la même tenue. La tradition du rassemblement des conscrits en costume venait de naître. Chaque année, une grande fête est instituée dans nos villages, soit pour fêter le départ sous les drapeaux, soit pour noyer son chagrin de devoir partir, sans assurance de retour au cas où les événements tourneraient mal.

En 1880, le Caladois Charles Hugand fut le premier à vouloir fêter l’anniversaire de son tirage au sort, 20 ans après. Au fil des ans, l’idée a été reprise par d’autres. Les anciens conscrits se mirent à célébrer avec les appelés de l’année. La voilà donc, l’origine de nos fêtes des classes.

Avec le temps, les traditions s’étoffent un peu. Les conscrits commençaient par faire la tournée des maisons du village, pour récolter un peu d’argent en vue de la fête. Les habitants leur offraient à boire à chaque maison, ce qui compliquait parfois la tournée. On chantait, on dansait, il fallait que ce soit festif et joyeux, après tout, on risquait de partir à la guerre. Conséquence de son origine militaire, la fête des classes était alors uniquement réservée aux hommes.

En mémoire de ceux qui ne revenaient pas

Après la Première Guerre mondiale, qui devait être, on se le promettait, « la der des der », la tradition a évolué. Si on festoyait toujours avant de partir à l’armée, on n’oubliait pas pour autant ceux qui n’en étaient pas revenus. Dans les années 30, pour rendre hommage aux classards disparus, on allait à la messe le matin de la fête des classes. On déposait ensuite une gerbe au monument aux Morts, pour ne pas oublier l’origine de la fête. Ensuite, on défilait dans les rues du bourg, et chaque conscrit se distinguait par un chapeau auquel est accrochée une cocarde bleu blanc rouge. Là encore, on n’oubliait pas que tout cela, on le faisait pour son pays. D’autant que c’était aussi l’occasion de se faire prendre en photo, ce qui est assez rare à l’époque.

Au fil des années, le service militaire s’est raccourci, on était à peu près certains d’en revenir vivants, mais la fête ne s’est pas arrêtée pour autant ! Après la Seconde Guerre mondiale, la tradition militaire s’est estompée et les femmes ont enfin été conviées à la fête, ce qui rendait le bal de fin de soirée tout de même plus sympathique. De militaire, la fête s’est transformée petit à petit en tradition de villages.

Un véritable lien entre les générations

Son organisation prend bien 12 mois. Aujourd’hui les classes, organisées en association, cherchent à collecter des fonds tout au long de l’année. Dans les années 60 et jusqu’à la fin du siècle, on chantait le mai, les soirs de 30 avril. Le but était simple : faire un maximum de bruit pour réveiller les habitants afin de leur demander un peu d’argent pour financer les festivités. Puis vient le défilé, temps fort de l’année. Si vous y avez déjà assisté, alors vous avez déjà vu une voiture modifiée en distributeur à punch, ou un bateau en bois avancer sur un char à la musique de la croisière s’amuse. Vous avez déjà côtoyé tout un village gaulois avec un chaudron de potion magique dont la composition est douteuse, mais assurément alcoolisée.

Véritable lien intergénérationnel, ciment communautaire de nos villages, la fête des classes réunit les bébés de l’année comme les centenaires. La loi Jourdan-Debrel, à l’origine de la conscription, n’a été abrogée qu’en 1996 par le président Chirac, avec la fin du service militaire obligatoire.

Classes 4

Agenda

Classes 4
28 septembre 2024 11:30
Lieu : monument aux morts, place de la Mairie
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