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La libération de Romillé, il y a 70 ans

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Le 1er août 1944, le 12e corps d’armée américain est sous les ordres du général Bradley. Il comprend notamment la 3e armée commandée par le Général Patton. Ce dernier reçoit l’ordre de libérer la Bretagne et ses ports. Tandis que la 6e DB file sur Brest, la 4e DB du Général Woods, débarquée le 11 juillet, est en charge de réaliser une percée d’Avranche à Quiberon afin de couper la Bretagne en deux et d’empêcher des renforts allemands de porter assistance aux garnisons portuaires. Dans ce mouvement, il doit prendre Rennes qu’il choisit d’aborder par l’ouest et le nord. Rennes est libérée le 4 août et cette même division prendra Vannes le 5 août 1944 avant de s’arrêter à Lorient. Il est probable que ce soient des troupes de cette 4e DB, en provenance de Melesse, qui entrent par la route de Langan dans Romillé le 3 août 1944. La surprise est importante pour les Romilléens, car la rumeur les situaient encore à Pontorson 2 jours auparavant. Les allemands, bien informés, ont quitté Romillé la veille, comme en témoigne Luce Roussin 10 ans à l’époque : "Autant que je me souvienne, la veille de la libération, pour les allemands le soir c’était la débâcle complète. Ils sont passés toute la nuit avec des charrettes garnies de feuillages. A l’époque c’était la belle saison, les gens se mettaient dehors pour prendre le frais et le chef allemand a fait rentrer tout le monde dans les maisons, il fallait surtout que personne ne soit dehors." Le 3 août, comme en témoigne François Guillemois les drapeaux tricolores flottent aux fenêtres, et la foule en liesse accueille chaleureusement les libérateurs. Les cloches sonnent à la volée, informant les campagnes. Les soldats offrent du pain, des cachets vitaminés, du chocolat et des chewing-gums aux enfants, produit alors totalement inconnu, dont certains ne savent que faire. En échange, les bouteilles sont remplies. Pas toujours avec de l’eau … Luce Roussin témoigne : "Les Américains distribuaient leurs miches de pain, mauvaises comme tout, mais enfin bon, on mangeait quand même .Je me rappelle qu’il y en a un, un noir, qui m’a prise sur ses genoux et m’a embrassée, il m’a donné un billet, je l’ai gardé précieusement. Peut-être qu’il avait une gosse dans mes âges..." Des chars, camions et autres Jeeps Willis traversent le bourg toute la journée, ils prennent la direction de Saint-Gilles. Quelques-uns stationneront deux jours plus tard à Quinfromel pour un bivouac d’une nuit, enterrant dans les champs des boites de conserves qui réapparaîtront régulièrement lors des labours. " se souvient Annette Massot.