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L’élection au suffrage universel

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La fonction de maire est l’une des charges les plus connues. L’élection au suffrage universel semble aller de soi, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Sous l’ancien régime, les prévôts, intendants et autres échevins disposaient de pouvoirs largement arbitraires et dépendants des coutumes locales.

En 1790, la Révolution décide que chaque commune pourra nommer un "agent municipal", ancêtre du maire. Ne votent que les hommes payant un impôt équivalent à 3 journées de travail. Ne sont éligibles que ceux qui paient un équivalent d’au moins 10 journées de travail. L’agent municipal représente la paroisse, et prête serment au nouveau régime et à la nation. Les élus sont des notables bien établis, sachant lire, parler et signer, mais dont la fonction municipale reste essentiellement honorifique. A Romillé, ils n’ont laissé aucune trace dans les archives.

Par la loi du 20 pluviôse an VIII (09/02/1800), la République décide qu’un maire sera nommé dans chaque commune. Sous couvert de mettre en avant une administration locale, il s’agit de renforcer le pouvoir central sur tout le territoire. A Romillé, c’est le citoyen Lebreton qui est nommé par le sous-préfet de Montfort, pour un mandat de 3 ans. Il est assisté de 2 adjoints, les citoyens Lemoine et Hervé, ainsi que d’un conseil de 6 membres.

Sa première tâche est de faire rentrer l’impôt. La France, alors en guerre contre L’Angleterre, l’Autriche et la Russie décide de doubler la "contribution personnelle", ancêtre de la taxe d’habitation. Le montant à recouvrer pour Romillé est de 1.514 francs, charge pour le maire d’en organiser la répartition.

Il s’occupe également du budget communal, qui s’élève à 715 francs, essentiellement affecté à la rédaction d’actes administratifs (pour plus de 400 francs), mais également l’entretien des chemins (150 francs), ou l’entretien de l’horloge (40 francs),

Importants également, les travaux de réfection de l’église, "qui est très indigente de réparations, notamment dans sa couverture, son vitrage et son pavé". Les ressources communales étant limitées (déjà ...), il est décidé de faire appel "aux dons que chacun voudra s’imposer à soi même". Un calice est également acquis.

Lors de son mandat, M. Lebreton se chargera également d’un arrêté sur le vagabondage des chiens, de la vente des produits communaux (cendre, bois, lin, herbe, pommes et noix), ou des querelles de voisinage.

Mais la grande attraction de ce début du XIXè siècle, est la célébration du 14/07/1800. Suite à la victoire de Marengo, la France impose la paix à l’Autriche. Le gouvernement ordonne qu’une fête générale soit célébrée dans toute la France en l’honneur de la Paix, de la Liberté et de la Concorde. A Romillé, les cultivateurs étant préoccupés "en cette saison où les beaux jours sont incertains, et leurs récoltes en danger", la fête est repoussée au samedi 19/07, après les vêpres. Un Te Deum est chanté en actions de grâces, et tous ceux possédant des fusils sont invités à venir faire du bruit dans le bourg. La commune procède à une distribution gratuite de poudre. Le maire se fait volontiers lyrique dans son discours, devant le feu de joie dressé sur la place :

Le citoyen maire Lebreton décèdera pendant son mandat, et sera remplacé par le citoyen Gilles Houdusse, le 25 floréal an X.